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Q

Quelles

Quelles sont les raisons qui font que,

envers et contre tout, je persiste à vouloir compléter encore et encore l’arbre familial ?

 

Je me suis souvent posé la question

Je sais très bien pourquoi j’ai commencé. Des raisons familiales complexes avaient occasionné une rupture dans la famille.

Le jour où je pris un crayon et une grande feuille de papier, j’ai sans doute  eu envie de me « refaire » une famille en la mettant noir sur blanc. Nous étions en 2000.

Je me souviens encore de cette feuille de papier vierge et des premiers noms que j’y ai inscrits, ceux de mes parents et grands-parents. C’était comme toutes les premières fois, la première où j’avais fait de la bicyclette, la première fois où j’avais dansé un slow avec un amoureux, la première coupe de champagne, la première fois où j’avais conduit une voiture… Une première fois magique, nouvelle et unique. Je n’avais écrit que les noms et les prénoms, puisque je n’en savais pas plus, mais j’étais aux anges.

Très vite cependant je me suis dit, et maintenant ? Allai-je en rester là ? Avec trois fois rien sur ma feuille ? Bien sûr que non… Il me fallait poser des questions à mes parents.

Et la réponse arriva avec le courrier sous forme d’un paquet. Dedans, un gros classeur de bureau avec beaucoup de fiches. Stupéfaite, je découvrais que mon père, il y avait pas mal d’années de ça, avait lui aussi fait des recherches, sans en parler à quiconque. Et maintenant je me devais de continuer.

Mais passé ce premier moment magique et émotionnellement intense, quelles furent les raisons qui m’ont fait continuer et qui ont fait qu’aujourd’hui, 19 novembre 2020, je continue encore ?

D’abord, je dois dire que c’est très addictif. Quand on rajoute un nom dans l’arbre, on a envie de rajouter son père, sa mère, ses frères et sœurs, ses enfants. C’est comme faire un puzzle, on veut toujours trouver la pièce suivante.

C’est aussi un peu comme un travail de détective. Quelle stratégie va-t-on déployer pour trouver la sœur dont on ne sait où elle est partie vivre après son mariage, ou le père qui n’est pas resté dans la famille. Et tous les autres dont on sait si peu, trop peu. Qu’elle joie alors quand on a trouvé, peut-être quelques années après, la personne qui était si bien cachée, ou la raison d’un décès ou d’un départ.

Vraiment, les néophytes ne comprennent sans doute pas, pensent peut être même que c’est inutile, voire, pire, macabre. Mais ils ont tort. C’est tout simplement passionnant.

Cette recherche ne se limite pas à une recherche de noms. Mais on découvre très v ite que l’arrière arrière-grand-père qui vivait en 1850, comme mon Jean Baptiste, n’était pas habillé comme nous, avait fait la guerre, voire plusieurs… que c’était finalement une toute autre époque.

Soudain on s’intéresse aussi  à la géographie. Ah ils vivaient là, et sont partis pour là. Ah tel lieu était réputé, telle ville s’est beaucoup agrandie, telle rue a disparu.

Et là, on se rend compte qu’on peut, avec des recherches et un peu de chance, trouver leur maison ; et qu’il existe des cartes postales anciennes de leur rue…

Et là, oui, là, ils ne sont plus seulement que des étrangers dont on a écrit le nom ou rentré le nom dans son logiciel, non, ils sont NOTRE famille. Ils sont nés, ont grandis, se sont mariés, peut être séparés, ils ont aimé, détesté. Bref ils ont vécu, comme nous on vit. Et ils nous sont devenus familiers. Et on a envie d’écrire leur histoire, car ils nous ont touchés, d’une manière ou d’une autre, et on a l’envie qu’ils ne soient pas oubliés

En fait,  ils sont comme nous, des humains pas du tout parfaits, et on s’est mis à les aimer.

Et là, cerise sur le gâteau, on trouve soudain des descendants des frères et sœurs de nos ancêtres. Des cousins, lointains, plus ou moins, mais des cousins quoi. Et là c’est une joie immense, car on est du même sang, on a les mêmes gènes, et ils sont notre famille, notre véritable famille.

C’est comme si l’ancêtre commun et lointain nous faisait un clin d’œil. On est sûr même qu’il est drôlement content.

Voilà pourquoi, je continuerai encore sans doute longtemps, à vouloir compléter mon arbre familial

 

 

Tag(s) : #généalogie
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